Cours photo 1 – Histoire de la photo

Mercredi 24 septembre nous avons commencé par des petites présentations :
Béatrice petit camille petitclaude petit

 

 

 

 

 

 

 

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Lidia petit

 

 

 

 

 

 

 

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De gauche à droite et de haut en bas Béatrice, Camille, Claude, Catherine, Isabelle, Lidia, Sylvain, Vincent et Yacine. Il ne manquait que Frédérique que nous verrons au prochain cours ! Pour le prochain cours d’ailleurs, les participants auront utilisé leurs appareils jetables pour prendre quatre vues depuis leur fenêtre, quatre sur le chemin du travail et quatre d’une personne qu’ils connaissent ! Les autres photos peuvent être exposées, mais seules les douze premières nous intéressent.

Ce premier cours de l’année partait aux sources de la photographie. Des chambres noires de l’antiquité, à la photographie contemporaine, en passant par les divers courants artistiques et techniques qui se sont succédés et cotoyés. Mais d’abord, qu’est-ce que la photographie ?

La photographie prend différents sens ; le mot désigne à la fois :

– le procédé qui permet de créer une image par l’action de la lumière : c’est le sens des mots grec photôs et graphein, « lumière » et « écrire ». Il s’agit donc simplement de « l’écriture de la lumière ».

– l’image obtenue par ce procédé, quel que soit le support.

– le courant artistique associé à ce procédé.

 

L’INVENTION DE LA PHOTOGRAPHIE

La photographie repose sur deux concepts essentiels : capter la lumière, et la fixer. Le premier a été imaginé dès l’antiquité, avec l’invention de la chambre noire : il suffit de percer un trou dans un mur d’une pièce opaque, pour voir apparaître l’image du « monde extérieur » sur l’autre mur, en inversé. (images : Wikimedia commons). On voit sur les images trois et quatre l’ajout d’un miroir à 45° qui permet de « redresser » l’image (c’est-à-dire de l’inverser à nouveau, pour la remettre dans le même sens que notre vision) : on peut ainsi par exemple dessiner le paysage ou voir ce que l’on va prendre en photo à travers un appareil photo de type réflex.

Au fil du temps, le petit trou a été remplacé par une lentille, ce qui a permis de rendre l’image beaucoup plus lumineuse.

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Mais ce n’est que bien plus tard que les alchimistes parvinrent à fixer la lumière. Il savaient que le chlorure d’argent noircissait à la lumière mais l’image restait fugitive. Ainsi les premières images obtenues par Jacques Charles, vers 1780, n’étaient pas stables à la lumière. De même pour les images obtenues au nitrate d’argent par Thomas Wedgwood, en 1802. On avait trouvé des supports sensibles à la lumière, mais ils restaient sensibles y compris lorsqu’on les regardait à la lumière du jour! Par conséquent, l’image finissait par disparaître sous l’action de la lumière… A moins de la conserver dans l’obscurité totale, ce qui n’a guère d’intérêt !

Il fallait donc stopper la réaction chimique liée à l’action de lumière une fois l’image « révélée », c’est-à-dire « fixer » l’image.

C’est ainsi Joseph Nicéphore Niépce qui est le premier connu à avoir combiné les procédés de la chambre noire, de l’émulsion sensible à la lumière, et du fixateur. Il passa près de dix ans à essayer divers procédés. Sa première photo, en 1827 de la fenêtre de son atelier, est ainsi parvenue jusqu’à nous ! La pose dura… Plusieurs jours (ce qui explique que les deux murs opposés, à droite et à gauche, soient éclairés). Le procédé, très vite inusité, avait un côté indéniablement poétique : Niépce a enduit une plaque d’étain de bitume de Judée, composé organique fossile qui réagit à la lumière. La plaque ainsi exposée était lavée à l’essence de lavande, qui dissout les parties n’ayant pas reçu de lumière. Les parties ayant reçu la lumière étaient brunes, de la couleur du bitume non attaqué, tandis que celles n’ayant pas reçu de lumière étaient détruites, laissant l’étain à nu, plus clair. L’image était donc négative. Il a ainsi obtenu l’image ci-dessous, ici repassée en positif et « nettoyée » de ses imperfections.

Plus de détails  en cliquant ici . On peut noter qu’une image prise en 1816 puis conservée dans l’obscurité jusqu’à nos jours a pu être reconstituée en l’an 2000 ! Cette image, appelée « rétine » par Niépce, est l’une des nombreuses tentatives qui n’étaient pas stables à la lumière, faute de fixateur (cf ci-dessus).

nicephore niepce

 DEUX CENTS ANS D’ÉVOLUTION

Après les premières images de Niépce, puis de Daguerre – dont le daguerréotype eut un très grand succès dans les années 1840 – la photographie a évolué très vite. Un véritable bouillonnement scientifique s’est formé autour de la photographie, sujet de découvertes et d’expérimentations. Des dizaines de techniques ont vu le jour, dont seuls un petit nombre se sont imposés, pendant des périodes plus ou moins longues. Les tirages sont rapidement devenus stables dans le temps, ce qui nous permet aujourd’hui d’admirer des œuvres vieilles de 150 ans. La plupart des procédés sont toutefois basés sur les propriétés photosensibles de l’argent, ce qui explique que la photographie traditionnelle soit désignée par le terme « argentique ».

Jusqu’au début du vingtième siècle, la photographie était une histoire héroïque de savants et de techniciens, de lourdes chambres noires montées sur pied et de procédés compliqués. Selon les procédés, une photo pouvait nécessiter plusieurs heures de travail, et un matériel considérable. Ainsi les premières photos d’une ascension du Mont Blanc, en 1862, nécessitèrent plusieurs porteurs : en plus du matériel d’alpinisme de l’époque, il fallait en effet un lourd trépied, une chambre, et tout le matériel de laboratoire, car le procédé du collodion humide, qui avait une fâcheuse tendance à sécher très vite, imposait de préparer la solution étalée sur la plaque de verre très peu de temps avant la prise de vue. Il fallait également développer les photographies immédiatement après exposition. Le tout dans l’obscurité ! S’ajoutaient donc une tente, les produits et matériel de préparation et de développement, et de quoi faire fondre la neige pour obtenir l’eau nécessaire !

Au fur et à mesure, les temps de pose se sont raccourcis, permettant la prise de scènes instantanées, grâce aux progrès sur les émulsions photosensibles et à la production d’objectifs photographiques plus lumineux. Par ailleurs, le matériel est devenu plus léger et s’est diversifié en fonction des usages : stéréoscopie, grand format, appareils de reportage, de portrait, etc. Les premiers appareils de petit format sont apparus au début du vingtième siècle, avec notamment le premier appareil à utiliser le format cinématographique « 35mm » en 1909, le « Cent-Vues » d’Etienne Mollier, et surtout le premier Leica imaginé par Oskar Barnack en 1913 et commercialisé en 1925 : cet appareil prenait des vues, toujours sur la base du film cinématographique, au format 24*36mm, toujours utilisé de nos jours. Les progrès des structures cristallographiques des films, présentant un « grain » toujours plus fin, autrement dit donnant des images toujours plus précises, ont accompagné l’essor de ce petit format.

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Les supports également ont évolué : plaque de verre, de métal, films souples négatifs, positifs, noir et blanc ou couleur, daguerréotypes, tirages sur papier par héliogravure ou par procédé argentique (le plus commun au vingtième siècle, et toujours utilisé aujourd’hui), appareils de projection pour diapositives, appareils de visualisation en trois dimensions (stéréoscopie)…

A la fin du vingtième siècle sont apparus les appareils numériques, ou l’émulsion photographique est remplacé par un capteur photosensible ; l’image est enregistrée sous forme informatique. Le capteur est remis à zéro après chaque image, il reste à sa place ; il n’y a plus besoin de changer de support à chaque image (dans les procédés traditionnels, une fois le support exposé, il ne peut pas servir pour une autre image : il faut faire défiler la pellicule, changer la plaque photographique ou le plan-film, etc.). Autre caractéristique, Comme pour le polaroid, inventé vers 1948, l’image peut être visualisée immédiatement, et ce sans produit chimique.

 

LES INFLUENCES DE LA PHOTOGRAPHIE

La photographie ne vit pas d’elle-même ni pour elle même. Elle a eu de forts liens avec les autres medias que sont en particulier la peinture et la presse, mais aussi avec la médecine et la science – procédé spécifique de la radiographie, images permettant de rendre compte de résultats scientifiques, etc.

Très vite, la qualité d’image obtenue par le medium photographique a rendu la peinture caduque dans son rôle de « représentation du réel ». Mais, cantonnée à ce rôle, la photographie a longtemps été considérée comme une technique inférieure, dénuée d’intérêt artistique. Elle a progressivement gagné ses galons et a pris un essor considérable dans le monde artistique au vingtième siècle, notamment à partir de l’entre deux guerres. La photo est aujourd’hui considérée comme un art, représenté par des noms tels que Henri Cartier-Bresson. Un art qui a lui-même influencé la peinture, ne serait-ce que par l’utilisation aujourd’hui courante de la photographie par les peintres pour capturer une scène, puis la peindre.

La presse a tout de suite compris l’intérêt visuel de la photographie. Les techniques aidant – diminution du temps séparant la prise de vue de la visualisation par les lecteurs, facilités de prise de vue et d’impression – la photographie est devenue intimement liée au texte, selon le message à transmettre. La photographie s’est spécialisée par secteurs : reportage, presse sportive, de personnalités, érotique, spécialisée. Le photo-reportage est devenu incontournable dans les années 30, avant de connaître son âge d’or des années 60 aux années 90, sous la houlette de grandes agences de presse servant d’intermédiaires entre les photographes et les journaux et magazines. Aujourd’hui, cet âge d’or est révolu ; l’image n’a jamais été aussi présente sur les différents supports d’information physiques et numériques, mais la facilité de production et reproduction des images par le matériel numérique occasionne une surabondance de clichés peu propice à la mise en valeur d’un petit nombre d’entre eux.

La photographie s’est aussi imposée dans le domaine publicitaire, tandis que les organes de propagande ont très vite compris la puissance d’impact d’images fortes et mises en scène. Mais l’effet de manipulation liée à la photographie n’est pas propre à la propagande ou à la publicité, car toute photographie représente un angle de vue particulier, un traitement particulier d’une scène donnée, saisie à un moment donné. Le fameux tableau de Magritte « Ceci n’est pas une pipe » s’applique parfaitement à la photographie. La photographie n’est pas la réalité, elle ne fait que la représenter.

 

LES PHOTOGRAPHES ET LES COURANTS ARTISTIQUES

Note importante : les photos et artistes qui suivent ne représentent pas « les meilleurs photographes de l’histoire de la photo » ou « les meilleures photographies de tous les temps », chose subjective s’il en est, mais une sélection visant à illustrer l’histoire de la photo depuis ses débuts jusqu’à nos jours, en montrant la variété de ses courants et de ses techniques au cours du temps. Il est aussi difficile de présenter précisément l’œuvre des photographes, souvent complexe, en si peu de mots. L’ordre des photographes est choisi chronologiquement par rapport à leur période d’activité/contribution la plus notable. Les photos présentées sont du domaine public.

Auguste Rosalie Bisson, actif de 1841 à sa mort en 1900, est l’un des premiers à avoir à s’être intéressé au paysage, puis aux expéditions photographiques. Les photos de l’ascension du Mont Blanc, en 1862, marquent sans doute le début des grandes aventures photographiques, toujours très prisées aujourd’hui. Mais à cette époque s’ajoutait aux conditions extrêmes la complexité de la prise de vue au collodion humide, solution chimique qui doit être préparée et étalée sur la plaque de verre juste avant la pose, puis développée en chambre noire – ici dans une « tente noire » – peu après !

Auguste Rosalie Bisson ascension du mont blanc

Nadar (Gaspard-Félix Tournachon) fut l’un des pionniers de la photographie aérienne, en utilisant un ballon dès 1858. Il fut aussi l’un des premiers à tirer le portrait des stars, célébrités qui à son époque s’appelaient Franz Liszt, Victor Hugo, Jules Verne ou surtout Sarah Bernhardt, la première à avoir réellement utilisé la photographie pour se forger une image publique. A noter que la différence de couleur (et de rendu, notamment le modelé, malheureusement peu visible sur un écran) provient d’une différence de procédés (collodion humide pour Rosalie Bisson, impression albuminée de type ambrotype pour Nadar).

nadar - sarah

François Aubert fut l’un des premiers à photographier la mort. Sa photo de la chemise de l’empereur Maximilien, fusillé au Mexique en 1867, reste de celles qui marquent le début de l’Histoire racontée en photo.

françois aubert

Julia Margaret Cameron est l’un des premiers noms féminins que l’on peut apercevoir en fouillant les archives de la photographie. Jusqu’à la fin du vingtième siècle, la moitié féminine de l’humanité n’occupe qu’un strapontin sur la scène photographique. Discipline machiste ? Ci-dessous le portrait d’un savant britannique, Sir John Herschel, en 1867 (impression albuminée d’après une plaque de verre).

herschel par julia margaret cameron

André Adolphe Eugène Disdéri fut l’un des pionniers de la photographie de masse. En concurrence avec le Daguerréotype (de Daguerre), il déposa le brevet de la « carte de visite » en 1854, avec un appareil multi-objectifs permettant de réaliser six photographies sur une même plaque de verre. Chaque plaque de verre devant être développés à part – en plus des contraintes de changement de plaque lors de photographies successives – , les coûts de production s’en trouvèrent fortement baissés et la photo portrait/souvenir rendue plus abordable. Il fonda ainsi l’un des premiers grands studios, qui compta jusqu’à une centaine d’employés dans les années 1860. Ci-après une carte de visite de Giuseppe Verdi. Il réalisa également l’une des rares photos de communards fusillés dans leur cercueil, en 1871 ; les photos de la Commune montrent l’influence du milieu d’appartenance des photographes (plutôt aristocratique et « Versaillais », le métier de photographe demandant alors une certaine aisance financière) sur le traitement des grands évènements : l’Histoire des hommes est racontée par des Hommes, elle n’est donc jamais neutre !

Disderi,_Adolphe_Eugène_(1810-1890)_-_Giuseppe_Verdi_(1813-1901)

Eadweard Muybridge, avec ce qui semble être le résultat d’un pari, illustre la participation de la photographie à la science, avec sa décomposition du mouvement de galop d’un cheval – et de son cavalier (1877)

the_horse_in_motion Muybridge

– Photographe pictorialiste, puis opposé par la suite aux altérations optiques utilisées par les adeptes du mouvement, Alfred Stieglitz est à la recherche de l’art dans la photographie dès les années 1880 et s’est battu pour que la photographie soit reconnue comme un art à part entière et non pour son seul intérêt documentaire et scientifique. Sa photo la plus célèbre, L’Entrepont, est celle du pont d’un paquebot transatlantique, où les classes sont séparées, mais il faut y voir une recherche de regard artistique, d’harmonie des formes, un moment particulier vu par le photographe (comme la photo ci-dessous), plutôt qu’un message politique. Il fut aussi le premier à photographier de nuit. A cette époque, depuis les années 1870, le procédé au gélatino bromure d’argent, dit « à plaque sèche », évite la contrainte principale du collodion humide, qui nécessite d’être préparée quelques secondes avant exposition puis développé rapidement, sous peine de sécher (cf Auguste Rosalie Bisson). Ce procédé à sels d’argent dans de la gélatine a traversé le vingtième siècle, s’enrichissant de nombreuses améliorations.

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Maurice Guibert est connu pour ses portraits de Toulouse Lautrec dans les années 1890, sur le ton de l’auto-dérision. Ces photographies mettent en lumière la relation modèle-photographe, et (avis personnel) une certaine réflexion sur l’être humain et sa faculté à prendre du recul par rapport à lui-même. Ci-dessous un photomontage réalisé vers 1891.

toulouse lautrec par maurice guibert

– Représentant de la Nouvelle Objectivité (Neuen Sachlichkeit) au début du vingtième siècle, Karl Blossfeldt se concentra notamment sur un inventaire des formes et des structures végétales fondamentales, qui donna lieu à des images très géométriques et parfois carrément abstraites. Il travailla sur la précision des modelés, notamment via la technique de prise de vue et les émulsions employées.

Karl_Blossfeldt_Adiantum_pedatum_1928

Lewis Hine est resté célèbre pour ses photos d’enfants. Un des premiers représentants de la photographie « engagée », utilisant la puissance de l’image pour sensibiliser ses compatriotes et contemporains à un grand sujet de société, en l’occurrence le travail des enfants et ses abus aux Etats-Unis et plus généralement les métiers pénibles. Ci-après une fillette dans une filature de coton, en 1908.

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– Le sport et la technique sont arrivés relativement tard sur les plaques photographiques. Jacques-Henri Lartigue est l’un des premiers photographes à se passionner pour le sport automobile, au début du siècle de la technique (photo ci-après : 1913. La déformation s’explique par l’obturateur déroulant utilisé par Lartigue associé au suivi du sujet (la voiture).

Jacques Henri Lartigue 1913

Paul Strand se démarque dans les années 1910 par son regard photographique ; comme Stieglitz, il recherche l’art et les formes. Mais il cherche aussi à exprimer « le caractère essentiel d’un endroit et de sa population« , avec une certaine « conscience politique » qui le pousse à « témoigner« . Ce sont les bases d’une grande part des photographies contemporaines.

– Man Ray est lui dans une démarche artistique pure. Il est l’auteur de l’une des photographies les plus chères du marché de l’art, au titre délibérément choisi pour son impact : « noire et blanche ». Avec Man Ray se pose la question du rapport entre la valeur artistique des œuvres et leur valeur d’échange.

Robert Capa, est l’un des plus grands reporters de guerre du vingtième siècle, et parmi les premiers. Très engagé politiquement, il a notamment réalisé de nombreux clichés de la guerre civile en Espagne, l’une d’entre elles montrant un combattant mortellement touché par une balle, en train de s’effondrer : bien que des débats existent sur la véracité de ce cliché, sa puissance visuelle n’en demeure pas moins spectaculaire. Il est aussi parmi les fondateurs de l’agence photographique Magnum, en 1947. Celle-ci se distingue par le contrôle total des photographes sur leurs droits d’auteur. Mais cela ne remet pas en cause le fonctionnement général du photojournalisme, de l’entre-deux-guerres à la fin du vingtième siècle, basé sur un petit nombre de grandes agences servant d’intermédiaires entre quelques dizaines de photographes parcourant le monde et une presse avide d’informations et d’images. Ces reporters profitent dès la fin des années 20 d’appareils compacts, rapides et discrets, grâce au nouveau format 135 (24*36mm).

– Rares sont les photographes jouissant d’une popularité aussi grande qu’Henri Cartier-Bresson. Militant de « l’instant décisif », ce moment qui n’est ni une seconde avant, ni une seconde après, il est surtout connu pour son alliance entre art et photojournalisme, et ce sans message politique particulier ; il cherche plutôt à transmettre son regard « sur le vif » du quotidien des lieux qu’il visite cependant lentement. Son œuvre, influencée à ses débuts par le cubisme, est toutefois beaucoup plus large que ce seul concept d’instant décisif. Sa carrière photographique s’étend en effet des années 30 à la fin du vingtième siècle.

Richard Peter est surtout connu pour ses photographies de Dresde bombardée à la fin de la seconde guerre mondiale, montrant encore une fois la fascination de l’Homme pour la mort et la destruction.

Robert Doisneau, l’un des photographes humanistes français les plus connus, a pris des centaines de milliers de photos du Paris de l’après-guerre, contribuant au mythe entourant « l’art de vivre » de cette ville par sa vision des scènes de vie et personnages dans ses rues,  parcs, cafés et cabarets.

René Burri, photoreporter engagé par les plus grands magazines, se retrouva entre autres en 1955 à Cuba, dans le bureau du Che Guevara, où il réalisa quelques clichés forts de l’homme. Mais son œuvre touche bien d’autres champs. Comme d’autres, il cherche à partager sa vision du monde à travers la photographie.

Bert Stern eut l’honneur de photographier Marylin Monroe pour sa dernière séance, nue, quelques semaines sa mort avant sa mort en 1962. Son travail est aussi l’un des premiers à avoir été diffusé en couleurs. A cette période où la couleur était chère et encore relativement peu qualitative, la plupart des magazines réservaient la couleur à la couverture et présentaient les articles en noir et blanc. Pour l’anecdote, mais cela participe également à la réflexion sur la place du hasard dans l’art photographique et dans l’art en général, les croix de couleur que l’on aperçoit sur la plupart des photos couleur de cette séance ne sont pas volontaires, mais liés à la détérioration involontaire des diapositives. Ne restaient pour la publication que les planches-contact (planche obtenues par contact permettant de visualiser d’un coup d’œil les différentes images d’une même pellicule), sur laquelle le rédacteur en chef avait choisi les images en les barrant au feutre rouge.

Helmut Newton a œuvré dans la seconde moitié du vingtième siècle, dépassant complètement l’univers de la mode qui l’employait, en poussant la plasticité, le désir et la transgression. Ce qu’il met en scène avec le diptyque « Elles arrivent! » où quatres modèles sont photographiés d’abord en tenue chic, puis complètement nues, dans la même position.

Vivian Maier, décédée il y a peu, a été découverte fortuitement lors d’une vente aux enchères. Le jeune acquéreur d’un lot de négatifs peu cher, il y a quelques années seulement, s’est assez vite rendu compte de leur valeur et a réussi à leur donner la place qu’elles n’avaient jamais eu du vivant de cette photographe humaniste, nounou dans la vie de tous les jours. Cela (re)pose la question de l’art, de l’artiste et de sa diffusion. A noter qu’il ne s’agit que de la deuxième femme de cette sélection… L’époque change-t-elle ?

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