Cours photo 2 – La poésie en ville

Pour ce cours, l’idée était de retranscrire en photo la poésie que l’on peut trouver en ville, notamment par le contraste nature-architecture, en s’aidant de quelques concepts concernant en particulier le cadrage (la lumière, quoique douce, n’étant pas propice à de grandes folies le jour du cours) :

– Le contraste géométrique : lignes horizontales apaisantes, lignes verticales plus agressives, qui arrêtent le regard, courbes de certains bâtiments, formes plus complexes des végétaux. Le contraste de couleurs et de lumière va généralement de pair, avec des évolutions selon les saisons.

– L’équilibre des masses : la composition de l’image aura plus de force en recherchant un équilibre entre les différentes masses composant l’image. Notamment, il faut veiller à éviter les éléments parasites ou les sujets involontairement amputés, les zones de vide trop importantes (à moins que l’on cherche à attirer l’attention sur celui-ci).

Cette photo réalisée par Vincent sur la petite Ceinture utilise bien ces deux concepts (sujet épuré, « lisible », contraste de formes et de couleur), ainsi qu’une contre-plongée (cf ci-dessous) bien dosée qui crée un effet de mouvement où le naturel et l’artificiel semblent liés.

– Le point de fuite : la construction de l’image avec une perspective continue, plutôt que découpée par plans. La construction par plans successifs, qui peut néanmoins être recherchée dans certains cas, à tendance à « aplatir » les images en ne permettant pas au cerveau de reconstituer un relief suffisamment profond. Le point de fuite correspond au point de rencontre de « fuyantes », comme on peut le voir sur les images suivantes. Sur les deux dessins (Wikimedia commons), on voit également que le point de fuite peut être simplement suggéré par des droites non continues, et se trouver à divers endroits de l’image (pas uniquement au centre), voire hors de l’image. Chose intéressante, il peut y avoir plusieurs points de fuite sur la même image. Notons toutefois que les points de fuite sont plus difficiles à trouver (et souvent imparfaits) dans les objets et paysages naturels que dans ceux façonnés par l’homme.

Canadien - filé

Zentralperspektive400px-2-punktperspektive.svg

– L’axe de représentation : plongée, contre-plongée, de face. La vue de face (comme sur la photo précédente) est la plus naturelle, elle correspond à la vision humaine lorsque l’on regarde devant soi. Plongée (vue vers le bas) et contre-plongée (vue vers le haut) peuvent donner un dynamisme intéressant aux images, notamment lorsque le photographe s’est déplacé pour rechercher cet effet – en montant sur un promontoire pour réaliser une plongée, à l’inverse en se baissant pour faire une contre-plongée. Mais il déforme les sujets. Sur l’image ci-dessous, où la contre-plongée a été voulue, on voit bien que les éléments qui sont en réalité verticaux ne le sont pas sur la photo. Si l’on prolonge les lignes, elles se croisent plus haut, hors de l’image, en un point imaginaire, le point de fuite.

Utrecht contre plongée

A l’inverse, en plongée, le point de fuite sera hors de l’image, plus bas, ou dans l’image si la plongée est extrême (prise de vue quasiment vers le sol dans l’image ci-après).

allemagne plongée

Plongée et contre-plongée peuvent ainsi provoquer un certain déséquilibre par des lignes « pas droites », ces effets doivent donc être maniés avec précaution. Notamment, lorsque l’on cherche à se placer sur l’axe horizontal, il faut veiller à se placer vraiment sur une vue de face, afin de conserver toutes les verticales bien droites et non pas légèrement penchées. Cela est valable pour les lignes horizontales, qui ne le seront pas parfaitement sur la photo d’un bâtiment pris très légèrement de profil par exemple, les lignes convergeant alors vers un point de fuite hors de l’image, à droite ou à gauche.

Dans tous les cas, le cadrage résulte d’un choix qu’il faut assumer, sans faire les choses « à moitié » : point de fuite trop légèrement décentré, plongée ou contre-plongée très légère, personnage ou objet à moitié dans l’image, etc.

Quelques images pour finir, réalisées lors de la balade sur la petite ceinture :

Cette photo réalisée par Béatrice montre une belle composition avec deux plans (chemin du haut, chemin du bas) qui se rejoignent dans un point de fuite souligné par les chemins et barrières relativement rectilignes et les cimes des arbres qui suivent un cours plus libre pour arriver au même endroit. Les personnages sont de plus saisis au bon moment, l’équilibre des différentes parties de l’image est très bon. Dommage en revanche que la mise au point ne soit pas faite sur la bonne zone.

photo Lidia

Lidia a bien utilisé les rails de la Petite Ceinture pour cette photo, avec un point de fuite bien au milieu sur l’axe horizontal, et un basculement volontaire allié à une légère contre-plongée qui attirent l’œil vers la partie en bas à droite de l’image, pour suivre ensuite les fuyantes vers le fond, dans le même mouvement que le personnage qui se tient à la barrière. Le fait de s’être baissé au niveau du rail offre de plus une profondeur maximale à l’image, la perspective s’étendant de quelques dizaines de centimètres jusqu’à plusieurs centaines de mètres. Enfin, les feuilles mortes orangées renforcent le contraste naturel-artificiel déjà appuyé par le contraste géométrique, en apportant de belles touches de couleur poétiques.

BRU_1600

Cette photo a été prise en attendant le moment où le personnage entre sur la droite de l’image. Il se forme ainsi une sorte de triangle entre le toit du petit immeuble, la plante de couleur vive au mur et ce personnage, en balancier par rapport aux fuyantes qui pointent droit sur le petit immeuble. Cette image souffre toutefois d’une très légère contre-plongée qui a pour effet que les verticales ne le sont pas parfaitement.

Enfin, un petit souvenir…

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