Trains d’hiver 1

Il a encore neigé. C’est rare à Paris, un hiver qui ressemble à quelque chose. Tout à coup, le train d’habitude si… habituel, devient poème. La gare s’efface sous les flocons, tandis que les bruits de pas des rares passagers qui s’aventurent jusqu’au bout du quai se perdent dans le coton.

Versailles Rive Droite neige

Il ne s’agit pas d’une destination bien lointaine, pourtant je suis déjà en train de rêver. L’espace d’un instant, comme on dit. Car l’instant d’après, un espace plus loin, la neige n’est déjà plus qu’un souvenir, tandis que la météo annonce entre -30 et -40°C pour début mars à la gare de Vorkuta, en Sibérie. Ca tombe bien, on y va bientôt.

C’était en tout cas l’occasion d’essayer enfin le bel objectif grand angle que Fatimi m’avait trouvé dans sa caverne d’Ali Baba, ou plutôt son magasin « photo bleu ciel », quelque part sur l’avenue de la République. Mon marchand préféré de vieilleries m’avait même trouvé la bague adaptatrice pour aller sur mes deux appareils. Celui-ci, le numérique, m’avait d’abord gratifié de photos noires. Etrange, à vue d’oeil les lentilles paraissaient pourtant transparentes, comme on est en droit de s’y attendre. Après enquête, c’est en fait le miroir de visée qui venait lors de sa remontée se bloquer contre le facétieux objectif, dont l’arrière-train entrait trop loin vers l’intérieur de l’appareil.

Ce qui veut dire que les types (ou les nanas) qui ont commercialisé – très cher d’ailleurs – le petit machin adaptateur ne l’ont pas testé, ou alors savaient pertinemment qu’on ne pourrait pas faire de photos avec… Sauf à raboter un peu la partie arrière de l’objectif pour permettre au miroir de remonter entièrement et ainsi à l’image d’arriver jusqu’à la surface sensible. Mais ceci sans raboter du même coup la lentille arrière toute proche, qui ne supporte évidemment pas la moindre rayure. Il faut croire que la concentration a eu raison de ma maladresse, ça a marché ; au millimètre près. Mais tout de même, ils auraient pu mettre une flèche sur la bague adaptatrice avec la mention « limez ici » !

En rentrant chez moi, bien sûr, l’appareil argentique n’a rien voulu savoir, le miroir, différemment positionné, s’est bloqué dans sa montée. Je suggère aux concepteurs de la bague une deuxième inscription « pour le F6, limez plus – à vos risques et périls ».

One comment on “Trains d’hiver

  1. Reply Grégoire Fév 27,2013 9 h 10 min

    Super photo ! J’aime beaucoup l’ambiance qui s’y dégage 🙂 « Big up au 78 » !!

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