Nuit 1 – Mer Baltique

Maintenant je sais qu’acheter son billet 18 minutes avant le départ du ferry au Skandinavienkai, ce n’est pas être en avance. A 21h42 je trouvais l’unique vendeur, sur le point de quitter les lieux, à 21h50 un bus est venu tout exprès m’amener à l’accès piéton et à 22h la passerelle se relève derrière moi. Qui arrive toujours en avance ne connaît pas ce petit sentiment d’avoir gagné quelque chose en foulant juste à temps le sol de la machine qui va vous transporter ailleurs. Parfois, on perd, mais c’est une autre histoire…

Photo Port de Travemünde

Déjà 5 trains, 3 bus et 1 bateau. Ca fait tout de même 2 trains, 3 bus et 1 bateau de plus que prévu pour cette journée, entre Paris gare du Nord, Brussel-Zuid/Bruxelles-Midi, Köln Hauptbahnhof (gare centrale de Cologne), Hambourg, Lübeck, Travemünde, Skandinavienkai… Et bis repetita Lübeck et Skandinavienkai ! Un aller-retour pour un choix cornélien entre le train et le bateau, dans une ambiance grand Nord.

– Oui Monsieur, il y a un ferry pour Helsinki, mais vous arriverez juste trop tard après-demain pour le train de St-Pétersbourg.
– Et sinon, il y a une liaison directe pour St-Pétersburg ?
– Oui.
– Merveilleux.
– Il est parti il y a deux minutes.
– … Et le prochain ?…
– Est dans trois jours, il met 84h, vous êtes à St-Pétersburg dans une semaine.

Alors me voilà en mouvement pour Trelleborg, quelque part au sud de la Suède. Il y a visiblement déjà quelqu’un dans ma cabine, des affaires traînent un peu partout. Bon. En même temps, c’était pas cher pour une nuit dans un hôtel qui bouge ; et puis, peut-être s’agit-il d’une jeune et jolie suédoise ?

Photo Travemünde

En attendant, nous voilà sur le pont avec 5 ou 6 clients rêveurs et pas frileux. L’imposant bateau givré longe la côte silencieuse, ponctuée de maisons et de petites placettes enneigées. Vu d’en haut, un vrai décor en miniature, avec ses petits lampadaires diffusant une lumière jaune. Le battement sourd et régulier des pistons se perd dans la nuit. Après la dernière jetée, l’horizon devient noir. Il est temps d’aller se faire bercer par le ronron du moteur et rêver de blondes suédoises à côté de mon viril voisin allemand.

Leave a Reply