Moscou

Voyager bêtement assis dans un train « Spoutnik » ? C’est d’un classique, on ne peut pas visiter la banlieue moscovite comme ça! Pour mieux apprécier la vue et le grand air, asseyez-vous plutôt à l’extérieur, tout à l’arrière sur l’attelage en métal. Mais prenez tout de même un casque ; on est encore plus à l’aise avec un peu de musique. Et si vous vous sentez autant en forme que le type qui fait des saltos arrières sur le quai, gardez vos mains pour vous rouler une petite cigarette, l’équilibre fera le reste.

Voilà comment on voyage ici. Tout un art, Gagarine peut aller se rhabiller. Enfin, c’est surtout que vous risquez assez peu de subir un contrôle des billets perché sur l’attelage. Pour garder l’avantage à la sortie, ne sortez pas par l’entrée principale, dûment surveillée – avec un contrôleur par tourniquet, vous n’irez pas loin.

Sautez donc du quai de 1m50 de haut, passez le bonjour à ces gens qui pique-niquent avec un peu de vodka entre les voies, en plein milieu du trafic, et suivez les guides. Ils prennent tous l’itinéraire bis pour la sortie, un trou dans la grille.

Si vous n’êtes qu’en correspondance, il vous faut remonter sur un autre quai de haute altitude. Rien de plus simple, même les filles le font : le pied sur le chasse-boeufs, une main sur le quai, l’autre sur la grille du phare avant de votre train, et hop, au passage voilà un peu d’exercice pour garder la forme. Et si le train est sur le départ, pas de souci, le conducteur klaxonne, on ne va tout de même pas vous écraser pour avoir resquillé quelques dizaines de roubles.

La Place Rouge, c’était bien aussi, mais comment dirais-je moins amusant.

Grande nouvelle, Pierre est officiellement instructeur de Systéma, art martial russe assez complexe. Il s’agit de contrôler sa respiration, de se relâcher, de travailler lentement ses mouvements comme par exemple se faire marcher dessus par un « partenaire » de 150 kilos ; l’ensemble, mêlé aux valeurs de courage et d’humilité, sur fond de christianisme, est étonnant mais rudement efficace. C’est le big boss en personne qui a remis à Pierre son papier : Mikhaïl Riabko a fondé l’une des deux branches du Systéma, discipline dérivée d’enseignements de l’armée russe.

Nous avons fêté ça hier soir, histoire de vérifier un peu mieux la légende urbaine à propos des Français dont nous parlions dans le dernier billet. Nous repartons maintenant pour Kiev, avant de prendre un passe Interrail pour quelques jours de liberté dans la vieille Europe.

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