Jours 32-33 – Ukraine

Hier 13 avril, après une dernière nuit à vérifier si les Français étaient bien vus dans la nuit Moscovite (nous ne pouvons que confirmer les ragots du Guide du Routard à ce sujet), nous repartions déjà vers l’Ukraine. Pas de place en Plaskart, la troisième classe. Restait la seconde, qui se distingue de la troisième par la fermeture du compartiment, mais aussi par la taille des couchettes et leur moelleux ! Des places du haut, nous voyions allongé le paysage défiler sous le soleil, sans avoir les pieds qui pendent dans le couloir : ça doit être ça, le luxe. En-dessous, une femme d’un certain âge passait son temps à diriger son mari.  Au coucher du soleil, avant d’entrer en Ukraine, notre train fit un dernier arrêt « vente de peluches en tous genres ». Arrivés à Kiev, la nuit s’allia à la pluie, comme pour nous rappeler que nous changions de pays. Drôle d’ambiance à la gare.

gare de Kiev

Les vitres ruisselant d’une pluie battante, nous trouvions une gare en torpeur maximale, en-dessus de la quinzaine de voies. A 3h du matin, le marchand de sable avait fait ses affaires jusqu’aux vendeurs, disparus derriere leurs comptoirs. Visiblement un sable de première qualité, raflé par une foule dont peut-etre la moitié attendait un train. Pas un des centaines de sièges de disponible, salle comble pour une symphonie de silence sans spectateurs. Nous achetions au rebut une place contre un pilier, en attendant le matin, comme tout le monde.

Le matin, un peu embrumés, nous nous laissions dériver dans Kiev. Le métro y ressemble à un modèle réduit de celui de Saint-Pétersbourg, avec des souvenirs soviétiques sur les murs et des jetons en plastique bleu en guise de tickets. Dehors, le ciel restait gris. De l’autre côté du fleuve, au loin dans la forêt, un train passant sur un pont me fit de l’œil. Restait à convaincre Pierre…

Kiev aux eaux noires

Nous sommes finalement passés sous ce pont, après une marche quelque peu exotique. Pour retourner de l’autre côté, il fallut emprunter le pont de l’autoroute. Du trottoir, nous surplombions de bien haut la plage sale au bord de l’immense fleuve aux eaux noires, où les pêcheurs tentaient leur chance. Au fond, les trains alternaient sur le pont à voie unique. Nous repassions dessous, de l’autre côté du fleuve. Plus loin, un funiculaire montait et descendait entre des édifices aux bulbes éclatants. Nous l’évitions et guidés par le fluide de Pierre, nous finissions par trouver le Kiev des touristes à la faveur d’une éclaircie, une belle cité aux anciens bulbes dorés.

Revenus à la gare, nous attendions notre train d’une vingtaine de voitures pour Lviv/Lvov, grande cité de l’ouest de l’Ukraine, quand j’aperçus l’étrange inscription « musée ferroviaire », en alphabet cyrillique. Jackpot, il y avait bien une exposition permanente de vieilles locomotives à vapeur et de voitures de luxe avec leur billard intégré. La lumière du soir s’y ajouta, comme pour répondre aux embruns de la nuit noire dont nous sortions à peine.

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