Jour et nuit 20 – Un igloo dans l’Oural

La troupe d’alpinistes nous a quitté au matin avec le train de 10h. Un train de quinze voitures qui ne traçait pas vraiment au plus direct. Pour rejoindre Krasnoturinsk, 60°N, 60°E, ils devaient ainsi repasser par Kotlas puis Ekaterinbourg, tel un escargot qui veut se rentrer au centre de sa coquille. Pour donner une idée du trajet, c’est un peu comme si pour joindre Aix-en-Provence et Agen, il fallait passer par Rome et Copenhague.

jour 19 - l'igloo

Le train parti, restaient deux convois déneigeurs. Chacun composé d’une imposante locomotive double vert sombre encadrée de deux non moins imposants chasse-neiges rouge-orangés à l’étrave gris clair.

Maintenant seuls, nous avons quitté les lieux avec nos raquettes « fait maison ». Enfin avec la paire qu’on a terminée, faute de ficelle en quantité suffisante. Le système de fixation laissant à désirer, elles ont vite fini sur le sac en attendant mieux.

Trois fois, le gérant du train-hôtel est venu nous voir sur sa motoneige. Après l’avoir trouvé insistant, je dois maintenant avouer que ses conseils étaient bons et remercier Pierre de nous les avoir fait suivre, contre mon orgueil mal placé. Nous nous sommes ainsi arrêtés moins loin que prévu, pour construire un igloo. Là encore, excès de confiance, j’ai tracé un cercle trop grand. Après des heures d’effort à scier des briques dans la neige et à les aligner, il devint clair qu’on ne le terminerait pas. Démolition, reconstruction, fatigue, nous avons fini par nous installer dans une œuvre instable façon Gaudi, avec pour toit le ciel criblé d’étoiles. Nous nous sommes ainsi couché la nuit du 1er Avril, le mercure à -20°C, sans poisson.

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