Jour 3 – La Baltique en brise-glace

A 5h, les portes de la Centraal Station s’ouvrent enfin. J’y récupère mon pesant sac, remets l’autre sur le ventre et en avant pour la Finlande ! L’aube me laisse le temps de réaliser quelques photos… de train, évidemment. J’atteins le terminal Viking Line à 6h30. Une heure d’avance, tout de même. Moins de 15 euros pour la traversée, c’est donné. Depuis le Sun Deck, accoudé à la barrière givrée, Stockholm s’éloigne pour laisser la place à d’innombrables îlots et bras de mer. Au fur et à mesure, les glaçons s’assemblent en une fine couche de glace continue. Vu du restaurant, c’est magnifique. Surtout que c’est la French week, alors oui le repas coûte deux fois le billet, mais on y a tout de même droit à du vin, à du Briejuusto et à du Blåmögelost. Oui, vous avez bien traduit, il s’agit bien de Brie et de Bleu, et ce n’est pas un sketch de Chevallier et Laspalès – de toute façon, il n’y a pas de toyosts.

photo ferry

Après quelques heures de voyage, nous naviguons dans une véritable banquise, entre des côtes sauvages. Quelques passagers s’extirpent un instant du concert surpeuplé, du supermarché ou du casino pour contempler ce paysage d’un silence glacial, aux contours changeant au gré de notre dérive, s’ornant des plus belles teintes au déclin du soleil.

banquise ferry stockholm turku

Nous arrivons ainsi à Turku, l’astre couché derrière l’horizon. Hmm, pas de trains au port, encore une fois, mais un joyeux bordel entre la circulation anarchique et les passagers dont la moitié sortent ivres dans la neige. Je souris à cette vision, dans le bus bloqué par l’embouteillage. L’un deux m’interpelle alors dans le bus, avec une démarche évocatrice. Il m’explique que dans le bus, les Finlandais regardent vers l’avant et ne sourient pas. « This is our way« , affirme-t-il en prenant une posture de Jules César, regard pointé vers l’horizon encombré de voitures. Avant d’ajouter, sourire jusqu’aux oreilles : « sauf quand on a bu ».

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