Jour 25 – 47h de train

6 Avril. Train Vorkouta-Moscou.

On s’arrête, à Tchoum (чум), et on repart dans un nuage de fumée : c’est fort (et facile) ! Le train est parti il y a une heure pour 2300km et 47h de voyage. Ça laisse le temps d’écrire et de réfléchir. Bon, en moyenne, ça fait quand même moins de 50 km/h. Les chinois plieraient l’affaire en 8h! Ce n’est pas tellement que le convoi aille lentement – il ne roule pas non plus très vite et atteint rarement les 140, vitesse limite du matériel – mais surtout qu’il s’arrête toutes les deux ou trois gares comme s’il fallait avoir le temps d’y faire les courses.

jour 23 - gare de Seyda poésie

Nous voilà de nouveau à Seyda, un peu embrumés dans le train. Il faut dire qu’avant de nous quitter Danil a voulu nous faire vérifier la légende urbaine colportée par le guide du Routard selon laquelle les filles se frotteraient à nous en discothèque au seul motif que nous étions français. Allégation inexacte ou du moins incomplète, car il faut d’abord faire comprendre que l’on est Français – Pas évident en boîte de nuit.

Mêmes manœuvres qu’hier, nous retrouvons le Labytnangi-Vorkouta, sa voiture 4 et son wagon-poste. La poste passe par le train, ici. Il y a aussi ces poteaux, qui comme souvent dansent la gigue. C’est ce fameux permafrost qui dégèle dont nous avait parlé Nikita. Nous avions vu aussi entre Sob’ et Seyda, derrière un panneau « Asie – Europe » moribond, un village aux maisons basses dont pas une seule ne tenait l’horizon.

Et cette route qui longe par endroits la voie ferrée… Trois camions qu’on croirait dessinés pour la guerre sont arrêtés dans une descente, les chauffeurs s’affairant avec des pelles dans la montée suivante. Il n’y a dans les faits pas de route praticable en voiture entre Vorkouta et les quelques villes environnantes. Cela n’a pas empêché Danil d’aller hier à la banque faire un prêt pour s’acheter une voiture allemande. Pas une lada à 4000 euros qui tombera en panne à la moindre occasion. Histoire de se faire plaisir et d’épater la galerie. Normal.

Le train passe encore dans une de ces petites gares perdues. Il fait presque nuit, la cheffe de gare brandit non pas un panonceau mais un laser vert. Peu après, nous nous faisons dépasser par le… Vorkouta – Moscou ! Il part une heure après et arrive cinq heures avant. Allez comprendre.

Leave a Reply