J’ai mon visa!

Ca tombe bien, je pars demain matin à 5h30. Arrivé la bouche en cœur au centre de traitement des visas russes, ce matin, on m’a prié de bien vouloir revenir l’après-midi, car les passeports ne sont rendus que l’après-midi. Hasard, la réunion à laquelle je devais me rendre est tombée à l’eau par la neige. Les hasards sont souvent heureux chez moi, d’aucuns disent qu’une armée d’anges gardiens veille sur moi, d’autres – moins nombreux – y voient le reflet de ma capacité d’adaptation.

Je dois en réalité beaucoup à une agence qui m’a évité de sombrer dans un océan de paperasse cauchemardesque. Coïncidence, elle s’appelle Russie Autrement et propose de sortir des sentiers battus – si tant est qu’il y en ait en Russie. Car attention, la paperasse n’est pas une spécialité française ! Pour aller en Russie, il faut d’abord y être IN-VI-TÉ ; et préciser votre itinéraire, afin que la sainte bureaucratie puisse contrôler l’intégralité de ce qui se passe sur son territoire. D’ailleurs, il est aussi demandé de s’enregistrer dans la ville d’arrivée. Jusque-là, en réalité, l’administration française fait aussi bien : décrocher une entrée pour la France pour un Russe – ou pire, un Maghrébin – relève de l’exploit.

Russie autrement

Évidemment, lorsque vous partez camper au milieu de nulle part, vous ne pouvez pas justifier de votre itinéraire par des reçus d’hôtel et autres « vouchers » fort appréciés des services russes. Et attention, car certaines villes comme Norilsk, ville en apparence lunaire où nous souhaitions initialement nous rendre, ne sont pas accessibles aux étrangers, sauf à être invités par des habitants qui doivent justifier 4 mois à l’avance auprès du FSB – ex-KGB – qu’ils peuvent bien effectivement vous héberger et que vous n’êtes pas un terroriste, voire même un basané. Bref, ces villes-là sont réservées à l’élite de la paperasse, et n’ayant pas notre diplôme en cette matière, nous avons oublié Norilsk, immense mine sise 69° Nord sur le fleuve Yénisseï.

Bref, grâce à Russie Autrement, me voilà muni du Graal tandis que la neige tombe sur Paris telle un avant-goût de la Sibérie, à 30°C près. J’espère toutefois que les trains s’élanceront approximativement à l’heure sur leur ruban blanc, car il n’y a pas de ferry toutes les heures entre la Suède et la Finlande, ni de train au quart d’heure entre St-Pétersbourg et Kostomuksha !

jorge900

Ce soir, Paris se met à l’heure nordique

L’itinéraire est simple : Départ mercredi 13 mars à 5h58 de gare du nord, transfert à Cologne 9h15 – 10h10, Hambourg 14h12 – 15h28, Copenhague 20h14 – 20h52, Malmö en Suède 21h26 – 22h37, descente du train de nuit à Stockholm jeudi 14 à 06h17 avant de courir vers le port prendre le ferry à 07h35 pour la Finlande, arrivée après quelques zigzags entre les îles vers 19h50 à Turku, départ pour Helsinki à 01h40 la nuit du vendredi 15 mars, correspondance 04h45 – 05h12 pour St-Pétersbourg où j’aurais à partir de 10h48 quelques heures pour profiter de la ville. Et enfin, le train de 18h11 terminera sa course Samedi 16 mars à 11h31 au terminus, Kostomuksha Pass ; bienvenue en Carélie !

Prochaines nouvelles dans une semaine, si internet passe toujours dans la taïga, en haut de la colline…

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