Destination Trains Arctiques !

Le départ approche ! J’ai tracé sur la carte ci-dessous le détail de notre expédition telle qu’elle est prévue : dates, arrêts et sujets ! L’ensemble des grands trajets sont réalisés en train, à l’exception du passage de la Suède à la Finlande, en ferry. Nous dépassons deux fois le cercle polaire arctique. En mars, ce sera encore le plein hiver !

Une expédition soutenue par Pyrénex, Journal Du Trek, Rail Passion et l’Art et la Matière

Lupus Laetus

Pour l’heure, Pierre Berçot, qui travaille pour l’association Lupus Laetus gérée par Vladimir Bologov et Laëtitia Becker, vient de me donner quelques nouvelles ; il a pu capter internet sur une colline proche de Kostomuksha. Après quelques semaines passées dans un petit village, il se trouve dans la Taïga. Dans les prochaines semaines, ils ouvriront les pistes et il pourra alors découvrir la réserve naturelle ; elle paraît belle.

Carte de l'expédition hivernale arctique en train par Pierre Berçot et Bruno Meignien

Programme d’un voyage trans-européen

Mais qu’allons-nous faire au juste dans les steppes gelées ?

Je ne saurais pas vous dire d’où vient l’idée… Mais l’envie de découvertes en train se faisait de plus en plus forte et quoi de mieux que la Russie hivernale pour un GRAND voyage ? Et comme la Russie n’est finalement pas si lointaine, utiliser les transports terrestres dès le départ s’est imposé comme une évidence ; sur les traces des explorateurs d’hier, qui se confrontaient à l’inconnu peu après le pas de leur porte.
Ainsi trains, froides étendues et chaleureuses rencontres seront le leitmotiv de l’expédition.

Pour en savoir plus sur nous : Nos bouilles

Paris-Костомукша (Kostomouksha)

1899. Le train « Nord-Express » relie quotidiennement Paris à St-Petersburg, porte d’entrée de la Carélie, en 52 heures. C’est l’époque des grands trains emmenant les voyageurs sur des milliers de kilomètres, vers des destinations autrement inaccessibles.

114 ans plus tard, avec le retour du direct « Paris-Moscou », trois fois par semaine l’hiver, Paris – St-Pétersburg via Minsk dure 44 heures. Avec l’aide des trains à grande vitesse et de quelques correspondances, on approche la barre des 40 heures.

Mais les options pour rejoindre par voie terrestre Kostomuksha, en Carélie russe, sont innombrables. Certains sites comme comme les calculateurs d’itinéraires de la Deutsche Bahn ou des CFF permettent de s’en faire une idée. Étrangement, « Kostomuksha » est connue de l’un des deux… mais ce n’est après tout qu’une gare parmi les 25 000 de la base de données. Les itinéraires les plus exotiques, par le nord de la Finlande par exemple, demandent toutefois des recherches un peu plus alambiquées. Et certains trains comme le « Berlin Night Express » Berlin-Malmö (Suède), qui termine le voyage sur un bateau, ne circulent que l’été!

Finalement, la flèche bleue passe par Hamburg, Copenhague, Stockholm et Helsinki. L’occasion d’utiliser le train rapide Suédois et de joindre les deux métropoles scandinaves en ferry, à travers un chapelet d’îles. La dernière tranche du voyage, et non des moindres, consiste à joindre St-Pétersburg à Kostomuksha par le train de nuit : en 17h ! Bref, en fonction des correspondances, environ 3 jours de voyage.

Avec les loups à Костомукша

La réserve naturelle de Kostomuksha a été choisie par l’association lupus laetus comme terrain de reconquête des grandes étendues par les loups. Pierre Berçot y travaille déjà en service volontaire. Nous y errerons une semaine entre neige et taïga. Il existe des cartes de ce petit bout du monde, mais pas sûr qu’elles ne soient d’une grande utilité pour le randonneur perdu entre deux arbres et un lac, le même que les centaines d’autres qui parsèment la zone. On verra bien. Au pire, le téléphone portable… ne passe pas, et le peuplement ne doit pas dépasser un dixième d’habitant au km². Nous n’aurons plus qu’à suivre les traces.

Mурманск (Mourmansk) : vers le grand nord et ses aurores boréales

Nous quittons les loups et prenons le train le plus septentrional au monde – le pôle nord ferroviaire, en quelque sorte – pour atteindre l’une des plus grandes villes arctiques. Mourmansk se développe avec son port au fur et à mesure du réchauffement climatique. Les installations sont immenses et comprennent un chantier naval de brises-glaces nucléaires et… un cimetière pour ces mêmes bateaux. La presse relaye de temps à autre les alarmes envoyées par les écologistes et les scientifiques : le risque de réaction en chaîne spontanée est à prendre au sérieux. En fonction des cas, Tchernobyl pourrait ressembler à un galop d’essai.

Mais la pollution côtoie le beau, et à Mourmansk, 69° Nord, beau rime avec Aurora Borealis. Les alentours offrent un espace sans limite où nous planterons notre tente, bien emmitouflés, afin d’admirer les voiles célestes. Cette année, si les nuages ne gâchent pas la partie, nous aurons la chance de connaître le pic décennal d’activité solaire. Peut-être y croiserons-nous autre chose ? Ou seulement le vide…

воркута (Vorkhouta) : vers la Sibérie Arctique

Nous voilà déjà fin mars. Il n’existe pas de direct Murmansk-Vorkuta, alors il nous faudra repasser un peu au sud du cercle polaire, pour mieux y retourner ! Miracle d’internet, nous y serons peut-être accueilli par un russe qui aime sa froide cité, même si elle a été construite sur un ancien goulag stalinien, au terminus de la voie ferrée. Restes de camps, mines pour la plupart fermées, une poignée d’hommes y gardent l’histoire oubliée des goulags de Sibérie Arctique.

La ville est à la limite de la « zone très faiblement peuplée » qui constitue l’essentiel de la Sibérie… Une incursion sur l’extrémité nord des Monts Oural, ultime limite entre l’Europe et l’Asie, nous permettra-t-elle d’admirer des aurores boréales en relief, ou seulement de profiter du climat sibérien arctique ?

Et pour quelques (milliers de) kilomètres de plus

Le visa de Pierre expire le 13 avril. Il ne faudra pas trop traîner au retour ! Toutefois, nous aurons quelques jours pour accéder à Moscou via Ekaterinbourg, dans les Monts Oural, gare mythique s’il en est. En fonction de l’humeur, nous pourrons y emprunter un train nommé « Transsibérien », ou son petit frère moins connu, « l’Oural ».

Après quelques jours à Moscou, nous n’aurons plus qu’à filer vers la France. Problème : le luxueux Moscou-Paris passe par la Biélorussie, pays qui accorde plus facilement le droit d’être traversé aux citoyens des pays communistes et ex-communistes qu’aux citoyens français. Le trajet le plus rapide nécessite ainsi l’obtention d’un visa de transit. Pratique ! Pour être juste, il faut se rappeler que les étrangers qui souhaitent se rendre en France ne sont pas tous logés à la même enseigne…

Mais bref, nous boycottons la Biélorussie. Un geste isolé certes, mais réfléchi. Nous « perdrons » quelques heures ou même jours à contourner ce pays, mais nous y gagnerons en affres administratives : le visa russe est déjà source de suffisamment de complications! Et nous n’y perdrons pas en découvertes, que ce soit via les Pays Baltes ou l’Ukraine.

 

Cela vous plaît ? Des conseils à nous donner, un petit mot à laisser… N’hésitez pas !

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